Le Sommet de l’Éducation d’Istanbul organisé cette année sous le thème “Guérir le Monde par l’Éducation”
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Le Sommet de l’Éducation d’Istanbul organisé cette année sous le thème “Guérir le Monde par l’Éducation”

Le Sommet de l’Éducation d’Istanbul organisé cette année sous le thème “Guérir le Monde par l’Éducation”

Le cinquième Sommet de l’Éducation d’Istanbul, organisé par la Fondation Maarif de Türkiye, s’est tenu au Centre Culturel Atatürk sous le thème “Guérir le Monde par l’Éducation”. Rassemblant des éducateurs du monde entier, l’événement a offert une plateforme de discussion sur les enjeux contemporains de l’éducation à l’échelle mondiale. Parmi les invités d’honneur figuraient Emine Erdoğan, épouse du Président de la République de Türkiye, et Latifa Al-Droubi, épouse du Président de la République arabe syrienne.


Dans son discours d’ouverture, le Président de la Fondation Maarif, Mahmut M. Özdil, a présenté une analyse critique des modèles éducatifs centralisés. Il a déclaré : « Guérir le monde par l’éducation : qui est malade, que guérissons-nous, et qu’est-ce qui est considéré comme sain ? Le point où nous sommes arrivés est le résultat de décisions prises par des autorités qui, depuis un centre unique, ignorent la diversité du monde, se ferment à ses multiples réalités et imposent leur propre vérité comme la seule valable. » Il a souligné la nécessité d’adopter une approche pluraliste, nourrie par un sens profond de la justice.


Dans la deuxième partie des discours d’ouverture, Latifa Al-Droubi a rappelé le pouvoir du savoir dans la reconstruction des sociétés. « Le savoir ne peut être effacé, les idées ne peuvent être limitées, et l’avenir qu’un enfant porte dans son cartable ne peut jamais lui être enlevé », a-t-elle affirmé. Selon elle, l’éducation reste une source d’espoir pour les nations en temps de crise, et la coopération entre la Türkiye et la Syrie ouvrira la voie à des partenariats plus larges à l’avenir.


Invitée d’honneur du sommet, Emine Erdoğan a mis en avant la dimension transformative de l’éducation pour l’humanité. Elle a résumé l’esprit du sommet en déclarant : « Le Sommet de l’Éducation d’Istanbul montrera la puissance de l’éducation qui nourrit l’âme de l’humanité, guérit ses blessures et éclaire ses ténèbres. Il nous rappellera que le plus beau monde se construit avec un stylo et que l’équilibre de la justice ne peut être assuré que par ceux qui aspirent à un tel monde. » Critiquant la conception moderne du succès, elle a ajouté : « Le monde moderne forme l’être humain à travers des moules ; il impose une culture de performance qui stimule un appétit capitaliste pour les scores. » Elle a également souligné que le modèle éducatif de la Fondation Maarif, sensible aux cultures, constitue un exemple efficace sur le plan international.


Les Défis Structurels de l’Éducation Débattus en Session de Haut Niveau


Lors de la première session de haut niveau, présidée par Mahmut M. Özdil, le Ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle de Djibouti, Mohamed Mahamoud, la Secrétaire générale du Ministère de l’Éducation du Sénégal, Khady D. Mbodji, et le Secrétaire général du Ministère de l’Éducation du Mali, Boubacar Dembele, ont partagé leurs points de vue sur les priorités et défis structurels de leurs systèmes éducatifs.

Khady D. Mbodji a déclaré que « Guérir le monde signifie aussi humaniser la technologie », soulignant le rôle des jeunes en tant que bâtisseurs du futur. Boubacar Dembele a rappelé que « L’école ne doit pas se limiter à transmettre des connaissances théoriques ». Pour sa part, le ministre Mohamed Mahamoud a affirmé : « Si nous croyons que l’éducation peut guérir le monde, aucun enfant ne doit être laissé en dehors de l’école », insistant sur l’importance de politiques éducatives inclusives.


Le Discours Thématique Souligne les Valeurs et la Stabilité dans l’Éducation


L’ambassadeur Dr. Mehmet Güllüoğlu, intervenant comme orateur principal, a examiné l’impact de l’éducation sur la santé, l’économie et le bien-être social. « Un savoir dépourvu de valeurs morales est un savoir dangereux ; une technologie sans conscience est une technologie destructrice », a-t-il averti, appelant à renforcer l’éducation sur une base éthique. Il a également insisté sur la nécessité de préserver l’autorité sociale des enseignants et de consolider l’écosystème éducatif pour assurer un développement durable.


La Dernière Session Porte sur les Crises Mondiales et les Perspectives Éducatives


Modérée par le Prof. Dr. Naci İnci, la dernière session s’est concentrée sur les effets des crises mondiales sur l’éducation. « Nous sommes témoins de conflits globaux, du déplacement de millions de personnes et d’une polarisation qui éloigne les communautés les unes des autres. Cette réalité nous conduit au thème de cette année : guérir le monde par l’éducation », a-t-il déclaré.

Dr. Esra Albayrak a mis en lumière l’importance d’une approche éducative critique et novatrice. Elle a affirmé : « Nous attendons de nos enfants qu’ils se demandent pourquoi Greenwich est considéré comme le point zéro du monde ; qu’ils comprennent que Christophe Colomb n’était pas un explorateur mais un marchand conquérant ; et que les mathématiques et la philosophie existaient bien avant la Grèce antique — en Chine, à Babylone, en Mésopotamie et dans la péninsule Arabique. » Elle a également souligné la nécessité d’une décolonisation du savoir et de responsabilités éthiques à l’ère numérique.

Martin Armengol a expliqué que la numérisation représente non seulement une transformation technologique mais aussi une opportunité culturelle capable de redéfinir les processus d’apprentissage. Akodah Ayewouadan a rappelé que l’éducation renforce la cohésion sociale et que des modèles éducatifs résilients permettent aux sociétés de mieux faire face aux crises. Les thèmes de la diversité culturelle, de l’apprentissage à l’ère numérique et de la construction de sociétés résilientes ont été largement abordés.



La première journée du Sommet de l’Éducation d’Istanbul s’est ainsi achevée après de riches échanges sur les enjeux actuels de l’éducation. Le sommet se poursuivra le lendemain avec des discussions centrées sur le pouvoir réparateur de l’éducation et sur les perspectives de coopération internationale.